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«L’économie à venir» un livre original à lire

Ce livre est paru en 2021. Il est édité aux » liens qui libèrent ». C’est un  dialogue entre deux économistes de religions différentes : Felwine Sarr,  sénégalais et Gaël Giraud, français.  Cet entretien confronte la réalité économique et sociale à la spiritualité.

Les sciences économiques

Ce livre critique l’économie néoclassique. Cette théorie libérale est actuellement dominante. Or il faut réintroduire l’éthique (morale) et  la spiritualité dans les sciences économiques. C’est ce dont ont besoin les théories économiques mathématisées et coupées de la philosophie. Il  est nécessaire de questionner aussi ses fondements idéologiques. En effet leur vision du monde est particulière. Ainsi l’altruisme et le souci de l’autre serait toujours intéressé. L’hospitalité ou l’accueil d’autrui serait impossible dans la réalité. On devrait alors revoir les manuels et l’enseignement de l’économie. Car ils formatent les étudiants. Ils deviennent en effet, des « homo economicus » égoistes. Ainsi les sciences économiques créent un résultat conforme à leur théorie.

On peut alors se demander ce qu’il reste de l’économie. Car on remet en question les lois économiques, les comportements humains et les concepts « universels ».Peut-être demeurent les travaux de terrain et les  statistiques d’Esther Duflo. Reste à espérer que les cultures résistent à la mondialisation .Et les européens doivent élargir leur monde. Les auteurs proposent une économie de la relation. En effet tout est relation : la famille, le politique, l’écologie, l’économie et l’international.

La spiritualité

Cette réflexion est menée à la lumière de la spiritualité. Les auteurs s’appuient sur la théologie surtout Gaël Giraud. Ce sont des textes et réflexions religieux écrits au fil des siècles .Ils évoquent aussi des  philosophes par exemple E. Kant (XIX ème siècle). Ils examinent enfin les différentes cultures. Car les façons de penser  ne sont pas identiques.

La modernité occidentale

Les économistes développent dans ce livre des idées assez répandues. Ainsi l’utopie positive des Lumières (philosophie du XVIIIème siècle avant la révolution française) a été trahie dans la réalité. Elle s’est traduite dans sa face sombre, par la colonisation et l’exploitation du reste du monde. Par ailleurs cette modernité place l’homme au centre du monde. Elle le coupe du vivant et de l’Autre. Il les transforme alors en objets à exploiter.

L’avenir

De façon pertinente, les auteurs suggèrent de sortir de l’alternative suivante : la catastrophe écologique ou le transhumanisme. Il faudrait explorer les possibles.Felwine Sarr affirme:

« Nous avons fondamentalement besoin de nous approprier le temps à venir, de l’investir de sens et de signification »

Et Gael Giraud ajoute:

« …un jugement sur l’avenir c’est à dire de l’investir d’une intentionnalité qui ne se réalisera peut-être pas, mais qui lui aura donné du sens. « 

Par ailleurs l’Afrique doit développer un projet de civilisation. Ceci passerait avant la question économique .

Gael Giraud a été l’invité  de l’émission « La grande table »sur France culture le 26 mai 2021.

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