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Faut-il des chefs et des gouvernés ?

On peut en fait remettre en question la nécessité d’avoir des « chefs ». C’est-à-dire une domination politique de l’homme par l’homme. Et aller contre les idées à la fois communes et de la science politique.

Dans le domaine politique, les idées de Max Weber-sociologue allemand- nous sont rabachées. L’autorité reposerait sur la légitimité du pouvoir. De fait il distingue la légitimité traditionnelle par exemple du roi, la légitimité charismatique par exemple d’un de Gaulle et la légitimité rationnelle légale fondée sur la règle et la fonction et non la personne. Or Weber ne semble pas interroger ce consentement à l’autorité qui se rapproche de la  servitude volontaire de La Boétie.

« les chefs » en démocratie

Ensuite il y toute une réflexion sur la légitimité en démocratie. Elle procéderait de la conformité  à la loi, expression de la volonté générale du peuple, et des élections de représentants. Elle repose aussi sur l’acceptation du principe de majorité comme expression de l’intérêt général. Or il y a une crise de cette légitimité démocratique. L’opinion publique ne veut plus de chefs. Ainsi il y eu la crise des gilets jaunes. La population exprime aussi sa défiance par rapport aux élus comme le montre l’abstention aux élections. Mais aussi la crise du conoravirus révèle la défiance par rapport aux experts.

On retrouve les théories de Bourdieu. La classe dominante dans le champ politique, pour se maintenir, cherche à se légitimer. Cette domination repose sur une méconnaissance de son fondement véritable. Ce pouvoir symbolique dissimule la force voire la violence originelle.

La Véme république

Il s’agit bien de se demander pourquoi il y a des dominants et des dominés dans le domaine politique. C’est justement pour répondre à cette crise de légitimité que les élus et les administrations ont proposé des dispositifs de participation aux décisions. Mais en France le bilan semble mince. On pourrait proposer une transformation de nos institutions. En effet la Vème république depuis 1958,  fonctionne mal, avec un président tout puissant et une méfiance par rapport à la démocratie directe-pratique de référendums-. Le régime français se rapproche d’un régime présidentialiste à l’américaine.

Or dans les «  milieux autorisés », on affirme que les français veulent un chef, un homme providentiel, un monarque républicain. Mais en même temps les commentateurs excluent toute autre possibilité. La IV ème république-régime politique de 1946 à 1958-  fait office d’épouvantail. Et ils font  remonter la pratique des référendums à de Gaulle voire  à Napoléon III ! On n’évoque  enfin peu la constitution de coalitions entre partis comme en Allemagne. Bref on se lamente et on reste dans le statu quo. Et le système se bloque avec un président élu avec environ 25% des voix et un vote contre l’extrême droite.

les élites et le pouvoir politique

Ceci peut se poursuivre sur une réflexions concernant les élites. Au départ, suivant l’étymologie ce sont les meilleurs dans le domaine. On glisse vers la nécessité d’une élite dirigeante. Il ne s »agit pas de s’interroger sur sa nécessité que sur la pluralité ou l’unicité des élites et de leur plus ou moins grand renouvellement. La III ème république-1875/1940- a voulu résoudre le problème par la méritocratie ou la sélection des élites par le mérite. Cependant on peut s’interroger sur son efficacité. Les énarques ont monopolisé le pouvoir jusqu’à la « suppression » récente de l’ENA. De plus le pouvoir économique surplombe le politique.

L’Etat et les chefs

On finira par une interrogation sur le pouvoir en politique et la constitution d’Etats ou royaumes ou empires. Les universitaires s’interrogent sur l’origine de ce pouvoir et de cette soumission. Ceci pourrait être volontaire car issue d’un contrat social pour sortir de l’état de nature au profit d’un despote ou de la majorité, Ou bien ce serait le prolongement de la révolution du néolithique qui a vu l’invention de l’agriculture. Ou encore serait en cause le système d’irrigation ou le système religieux. Une autre théorie voit dans l’émergence du pouvoir politique ,l’exercice de contraintes extérieures à savoir: la pression démographique ou les guerres. Finalement rien ne l’emporte et on revient à la case départ. Sauf que certains peuples ont refusé le pouvoir politique et l’Etat comme le montre Pierre Clastres.

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