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Un hébergement d’urgence a été créé par des chrétiens

Un » hébergement d’urgence », »  l’abri Sté »  a été créé à Saint-Egrève en Isère  en 2015 pour les demandeurs d’asile. Sa spécificité est d’accueillir les femmes seules et les couples avec un enfant afin de le protéger. Ce dispositif est  temporaire avant une solution plus durable. J’ai interviewé Jacqueline B , une des fondatrices.

Qui a créé l’abri Sainté ?

Marie-Expedit Balestas, ancienne avocate, et moi-même ancien professeur, avons été à l’origine de cette idée. Nous étions parties du Secours Catholique où nous nous occupions de  l’accueil des demandeurs d’asile. En effet nous sentions  parfois  impuissantes face à la situation de certains qui en étaient réduits à dormir dehors.

Nous sommes allées voir la municipalité qui nous a répondu  qu’il fallait constituer un groupe de bénévoles et une structure. Nous avons alors rassemblé une équipe de  80 personnes .Le conseil municipal a proposé alors  un lieu. C’est un studio dans le quartier dit Fiancey.

Au départ les habitants étaient contre car ils assimilaient le projet à un accueil de SDF. Nous avons alors  organisé des réunions publiques et nous sommes partis pour un essai de 6 mois et l’accueil d’une personne. Une convention a été signée avec la mairie qui a mis à disposition un local et paie les fluides. Les bénévoles ont apporté les meubles et assurent le fonctionnement. Toutes les années nous renouvelons cette convention avec la mairie et le CCAS.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Nous fonctionnons avec le 115 qui nous a toujours envoyé des personnes correspondant à notre projet. Il existe aussi grâce à la paroisse de Saint -Martin du Néron même s’il y a des non chrétiens parmi les bénévoles.

Deux membres accueillent  la personne à 18h30.  Nous leur fournissons un repas et le petit déjeuner. Nous bénéficions de l’aide la banque alimentaire. Chaque jour il y avait au départ   un nouvel accueilli. Le dimanche et le fêtes la personne peut rester. Nous lui fournissons toutes les informations utiles à  sa démarche.

Que fait la personne la journée ?

Elle est prise en charge par des structures de Grenoble : Apardap, Secours catholique…

Que s’est il passé pendant l’épidémie du  covid et le confinement ?

Ils sont restés dans l’hébergement . Nous avons assuré le coût des repas. La municipalité va d’ailleurs à ce sujet nous accorder une subvention.

Quelles sont les évolutions ?

Maintenant nous assurons l’hébergement de 3 personnes maximum dont un enfant. Ceci est notre spécificité. L’hébergement d’urgence est désormais de 8 jours à la demande du 115. Nous accueillons  par an 30 à 40 personnes de nationalités variées. Les personnes bénévoles sont désormais sensibilisées au problème des demandeurs d’asile. Nous constituons un réseau et nous sommes proches, en contact.

Le dispositif est-il inscrit dans la durée?

Il est durable grâce  à l’engagement réel des bénévoles qui font vivre et perdurer le projet. Il n’aurait aussi pas pu exister sans les soutiens de l’ancienne maire  Madame Kamovsky et le maire actuel Monsieur Amadieu  ainsi que le Ccas.

Se posent cependant le problème du vieillissement des bénévoles et du service le jour de fêtes. Et donc de nouveaux bénévoles sont bienvenus.

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